Suburbain / infrastructure

 

 

 

 

 

Jens Metz, Marseille (F), Europan 6

 

 

 

 

l‘AUC, Villetaneuse (F), Europan 5

 

 

 

 

MTM + Xpiral, Brakaldo (E), Europan 6

 

 

 

 

SMAQ, Bergen (N), Europan 7

 

 

 

 

SeARCH, Nijmegen (NL), Europan 2

 

 

 

 

TOA, Mulhouse (F)

 

 

 

 

 

Why Art projects, Vinaroz (E)

 

Beaucoup de situations d’Europan sont dans la ville suburbaine, issue à la fois de l’urbanisme fonctionnaliste, qui séparent les usages par portions de territoires, associé à un laisser-faire sur le plan morphologique. Certains, parmi la jeune génération d’Europan, en accepte l’héritage avec la conviction que leur rôle est de savoir travailler d’une manière nouvelle dans ces espaces. A partir d’une lecture attentive de l’existant, ils proposent de le réinterpréter pour en faire apparaître des potentiels d’évolution et de mutation.

- l’AUC architectes urbanistes
- Plattformberlin
- SMAQ Architecture, Urbanism, Research
- TOA architectes
- MTM arquitectos / Xpiral arquitectura
- Why Art Projects - SeARCH

 

 

 

 

FAIRE LA VILLE AVEC LES INFRASTRUCTURES

(extraits de l’article de Didier Rebois)

 

La taille des villes dans le monde ne cesse d’augmenter; et à la cité compacte et stabilisée, s’est substituée une structure urbaine extensive, une ville territoire. Le citadin accroît toujours l’étendue de ses déplacements et vit à des rythmes alternant rapidité sur les grandes distances - autoroutes, périphériques, tunnels – et mobilité plus douce, dans les espaces de proximité - quartier résidentiel, galerie commerciale, aire tertiaire, parc de loisirs... Pour s'adapter à cette ville nébuleuse et se l’approprier, il préfère se déplacer quand il le peut en voiture, et n’utilise les transports en commun que s’il n’a pas d’alternative. Le croisement de la ville extensive, de la densification humaine et de la vitesse, provoque de profonds bouleversements dans l’espace métropolitain.

 

 

Continuités et/ou insularités

De plus en plus de jeunes professionnels ont décidé de se donner les moyens d’intervenir plus fortement sur la morphologie de la ville, non seulement sur les masses bâties mais aussi dans le statut et la forme des espaces ouverts. Cependant leurs manières de modifier significativement le territoire métropolitain peuvent varier selon leur interprétation du devenir de la ville suburbaine en mouvement.
Pour Jens Metz, lauréat d’Europan 6 à Marseille, l’enjeu est de créer des lieux en commençant par qualifier les espaces par défaut résultant de la dissémination du bâti. Il choisit donc dans une situation donnée de partir des vides, de leur conférer des limites et de leur attribuer des valeurs d’espace public et paysager. Mais en même temps, il les met en relation entre eux à différentes échelles. Dans son projet lauréat, il restructure des îlots urbains proche du port de la Joliette autour d’un grand parc d’échelle urbaine qui relie les quartiers limitrophes. Mais en rendant ces blocs bâtis poreux par une série de passages entre les immeubles, il génère un réseau de parcours piétons multiples, parallèles aux rues et qui interconnectent le port, les bandes programmatiques et le parc.
Pour les membres de l’agence l’AUC, le regard sur l’existant est très différent. Ils pensent qu’il est illusoire de vouloir contrôler dans son ensemble un territoire en mutation. A partir de ce constat, ils travaillent sur ce qu’ils appellent l’armature territoriale, du local vers le global, en concentrant l’efficacité du plan sur ses parties les plus stratégiques, que sont pour eux des polarités spécifiques. Le titre de leur projet lauréat à Villetaneuse pour Europan 6 « la ville antipotemkine » exprime bien leur volonté de ne plus gérer le continu urbain mais de focaliser autour d’un site propre de tramway des points intenses qui se développent à des micro échelles à partir des potentiels de l’existant.

 

Les mobilités, nouveau support pour l’architecture

La jonction des deux agences MTM + XSPIRAL qui ont répondu ensemble et gagné lors d’Europan 6 à Baracaldo, vient de leur attitude commune vis-à-vis de la relation entre sol et bâti. Ils conçoivent une architecture du mouvement continu autour des flux urbains. Le sol de la ville n’est plus vu comme un espace statique sur lequel se déplacent les habitants mais comme une architecture infrastructurelle qui accompagne les mobilités. Dans leur projet lauréat, à travers une architecture de plis, ils imaginent une sorte de ville basse dynamique qui reçoit les fonctions les plus urbaines et à partir de laquelle émerge une ville haute faite d’immeubles denses. Des cheminements continus à travers les bâtiments forment des plateformes, des toits piétonniers, des petites collines.
Avec la même idée de création d’un paysage englobant les infrastructures, l’agence SMAQ développe une vision encore plus radicale où la ville suburbaine se métamorphose en un paysage continu, englobant les entités éparses du territoire. Ils partent des trajectoires urbaines des citadins dans un contexte donné et s’appuyent sur leurs dynamiques à des vitesses différentes pour concevoir leurs espaces. Ils en dégagent des intersections qu’ils intègrent dans un programme dense pour créer des intensités. Dans leur projet mentionné à Bergen pour Europan 7, ils dessinent une plateforme pont sur l’autoroute suburbaine qu’ils urbanisent avec un programme multifonctionnel. Il la relie à l’environnement en suivant les parcours des habitants entre les entités limitrophes, connectant mobilités rapides et plus douces.

 

La rue à quelles conditions ?

Ce problème est au centre des préoccupations de l’agence SeARCH, lauréate d’Europan 2. Leur réalisation, un immeuble d’habitation linéaire dans une rue assez étroite de la ville de Nijmegen aux Pays-Bas, est dotée d’un parking sur le toit accessible par un ascenseur spécifique. La rue citadine n’est plus envahie par les voitures bien que les habitants puissent stationner à l’air libre. Ce même objectif trouve une solution différente dans un de leurs projets plus récent, un ensemble d’habitations mêlant habitat individuel et collectif. L’ensemble du site est interdit aux voitures, le parking étant ici souterrain, installé sous les deux immeubles denses de logements. Une rue piétonne est créée entre les bâtiments qui permet de desservir les appartements par des galeries ouvertes mais qui sert aussi à éclairer le parking grâce à des puits de lumière.
L’agence française TOA, primée au concours Europan 3 à Mulhouse en France, s’est faite une spécialité de travailler, dans la droite ligne du projet de concours, dans des quartiers de faubourgs dont ils cherchent à renforcer l’identité, tout en articulant le nouveau avec l’existant. Ainsi à Strasbourg le long du parcours du tramway et dans le cadre d’une politique urbaine très volontariste sur l’utilisation des mobilités alternatives à la voiture dans la ville, ils ont été amenés à concevoir une extension de l’ENSAIS (Ecole d’architecture). Ils profitent de la création d’un bâtiment nouveau en façade urbaine, la médiathèque de l’école, pour y installer sur le toit le parking à vélos des étudiants. Loin de dissimuler l’espace de stationnement des deux roues, ils lui donnent une expression en façade en l’enfermant dans une enveloppe de maille métallique et en mettant en évidence la rampe d’accès à côté de l’entrée principale du bâtiment.
Comment prendre en compte l’incompatibilité de certains modes de déplacement dans le même espace, mais sans pour autant les séparer radicalement ou interdire l’usage de l’un au profit de l’autre? C’est à cette question cruciale qu’a été confronté Vicente Guallart lauréat d’Europan 2 en Espagne et qui a poursuivi ses investigations sur la ville en mouvement dans de nombreux projets urbains ambitieux. Pour lui le maître mot est celui du partage. Ainsi pour solutionner une équation très difficile dans la ville estivale de Vinaroz, remplie de touristes l’été et plus calme l’hiver, il a proposé de traiter l’avenue principale d’accès à la ville au bord de la mer suivant le rythme de son usage dans le temps. L’été, avec la ruée touristique, la rue maritime est fermée à la circulation automobile pour profiter du bord de mer et des restaurants qui y sont installés, des solutions de parking étant proposés à proximité. L’hiver, lorsque la ville a retrouvé un rythme plus calme, le boulevard est ouvert à la circulation automobile, en prenant soin néanmoins de ne pas empêcher la vie urbaine.

 
Europan Europe >  Communication Sessions 1 à 7 Réseau Réalisations Portraits d'équipe Publications Crédits